LE
BEAU DOCTEUR
Un cabinet
médical, quelque part à l'étranger : le
beau docteur, nu,
le sexe dressé ; en face de lui, allongée sur une table,
une créature,
le visage bandé comme une momie, bras et jambes écartelés
et attachés.
Le beau docteur actionne une manivelle, le corps
de la femme monte
lentement, va-t-il s'écraser contre le plafond ? Il a l'air
de
flotter comme une poupée désarticulée. Il stoppe
la montée afin que
le sexe soit à la portée de sa main, complètement
offert.
Les deux protagonistes sont tellement concentrés que le monde
a
disparu, rien n'existe : qu'eux. la tension nerveuse est si forte
qu'on entend même le silence.
Une cave,
dans une maison de campagne, le beau docteur est
entravé par
des menottes, face contre le mur, la blancheur de ses fesses luisant
dans
la pénombre.
Des pas claquent sur le dallage, il frissonne : la porte s'ouvre.
La
créature lui applique un fer brûlant sur la chair ; la
douleur est si
inattendue qu'il s'évanouit.
Quand il revient à lui, il constate qu'on l'a détaché,
qu'un paquet de
vêtements a soigneusement été plié, près
de lui ; sur le paquet de
vêtements une feuille de papier où il peut lire écrit
en très gros
caractères "Je t'aime" et posé sur le tout
: une magnifique rose rouge.
Ils s'aimèrent
tellement qu'ils ne se revirent jamais!
Quand on arrive au summun des sensations humaines, quand l'intensité
a été
si forte qu'on sait qu'on ne trouvera jamais une telle émotion,
il vaut
mieux partir sans se retourner afin de conserver intacte la magie
d'un
souvenir-
N'est-ce
pour celà que Don-Juan était impérissable dans
le coeur des
femmes ???
Auteur
: Maitresse Gullivanne